Les Patates
Parmi toutes les bonnes raisons que vous auriez de monter jusqu’à Issarbe, certaines sont évidentes :
- Le Panorama,
- Les sports d’hiver,
- L’air pur,
- Lumpy,
- etc …
D’autres le sont moins. Il en est une qui m’est chère: Les Patates.
J’en voient qui se gaussent, comme autant de puceaux gustatifs ignorants les plaisirs profonds qui sommeillent dans l’assiette.
C’est qu’ils jureraient qu’il s’agit là d’un austère tubercule, d’un étouffe-chrétien sans goût dont la consommation n’est justifiée que par une pénurie totale des autres ingrédients. La maîtresse des lieux – je me demande bien pourquoi – participe souvent à l’entretien de ce mensonge. Car en effet, dés que la conjoncture économique sent le roussi, comme par exemple lorsque la neige tarde à tomber – suivez mon regard, il est planté droit vers le ciel – et bien elle dit à qui veut l’entendre :
« Ouais, bah tant pis, on va manger des patates. » Et c’est à l’auditoire de faire une tête d’enterrement, comme si manger des patates, c’était la fin des haricots.
On pense trop, en ces temps ou les publicistes nous vantent les bienfait de la dépense, que ce qui est bon est cher, ce qui implique mathématiquement (on appelle cela une proposition contraposée … !) … ce qui implique que ce qui est bon marché est mauvais.
La patate nous prouve le contraire. (On appelle cela un contre-exemple …)
Point besoin qu’une banque espagnole ne vous fasse un crédit sur 50 ans pour en acheter un sac (Riez pas … les crédits sur 50 ans, ça existe, enfin ça existait avant, juste avant la crise …)
Point besoin de vous mettre à sec, une pièce de cinq euros suffirait à nourrir une tablée, si une telle pièce existait.
La patate est un cadeau des dieux, ils n’en font que bien peu ces temps-ci, profitons-en. Pour avoir fréquenté celle d’ici, sa chaire fondante aux atours croustillants, sa saveur enlevée par l’ail et le lard assorti, puis ce petit rien sucré en fin de bouche, je peux l’assurer, il y a là quelque chose de céleste.
Mais encore faut-il, pour éviter de choir du ciel vers les affres de la cuisine communautaire, choisir la variété adéquate et la préparer correctement. Ces deux points justifieraient aisément un article à eux seuls et je pourrais y passer la nuit sans forcer la plume. Mais, fort heureusement car j’ai sommeil, ces informations sont classées secret défonce (la patate est une drogue … licite certes, mais c’est une drogue.) Donc … Motus.
Vous ne connaitrez pas en détail ce qui se passe dans la cuisine de Jupiter*, ni dans celle de Niky. Mais peu importe, car la meilleure raison pour monter à Issarbe, ce n’est pas de venir nous piquer nos recettes, mais bien de les déguster.
Vous verrez, pour une somme plus que raisonnable, vous aurez l’impression d’être traités avec autant d’égards qu’une ministre des affaires étrangères en vacances en Tunisie. Et ce n’est pas peu dire.
En espérant vous avoir fait saliver.
* un callembour de Coluche
nb: merci de me signaler les fautes d’orthographe … il est tard, je sais à peine écrire mon nom à cette heure, alors allez savoir s’il y a 2 L à calembour …



